Chronique : En cette année 2003, la tornade G-Unit rafle tout sur son passage. Fort du succès de Get Rich or Die Tryin', premier solo de 50 Cent, le chef du crew décide de sortir le premier album du groupe. Comme le montre bien la couverture, 50 Cent s'apprête à dévaliser une nouvelle fois le monde du rap. En l'absence de Tony Yayo, en prison à ce moment-là, c'est le sudiste Young Buck qui rejoint la team.
Premier fait marquant, l'absence totale de featurings, les soldiers ayant décidé de se débrouiller tout seul. Les tâches sont équitablement réparties avec un solo pour chacun. Le boss reste égal à lui-même dans "I'm So Hood", on découvre Young Buck dans son style plein de rage avec "Footprints" alors que Lloyd Banks, à défaut d'une voix monotone, excelle textuellement dans "Smile".
Côté production, on retrouve le hit-maker Dr Dre avec le terrible "Poppin' Them Thangs" et "G'd Up" sur une mélodie très pianotée. Le Doc, ultra présent sur le premier opus de 50 Cent, laisse sa place de producteur principal à Eminem, qui ne démérite pas, les beats étant d'ailleurs les points forts de cet album. Hi-Tek participe également pour l'intro "G-Unit".
Les hits sont nombreux, de "Stunt 101" (produit par Denaun Porter) à "My Buddy". Mais le niveau des textes est très pauvre, à croire que la vie d'un gangster se limite aux femmes et aux armes. "I Wanna Get To Know You", "Groupie Love" et "Baby You Got" entâchent d'ailleurs cette street credibility car les titres sont à fortes influences RnB. Autre fait regrettable, la piste de clôture, "I Smell Pussy", véritable diss contre Ja Rule et tout le Murder Inc... Fiddy ne finira jamais avec ces vieilles méthodes qui l'ont fait connaître.
Au final, un album de bonne facture avec de nombreuses bombes comme à l'accoutumée. Mais Beg For Mercy est une petite déception au vue de l'énorme potentiel de ce groupe. Mais une nouvelle fois 50 Cent dévalise le rap avec trois millions d'albums vendus en un an ...